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COMMENT SELECTIONNER LES INVESTISSEMENTS SOCIALEMENT RESPONSABLES  ?

 

Quels outils à disposition des sociétés de gestion ? Quelle intégration de l’analyse ISR au processus de gestion? 

  • Il existe un certain nombre d’agences de notation ISR (Vigeo, sustainalytics,…).  Elles sont utiles mais ne doivent pas se substituer à l’analyse propre de la société de gestion. C’est d’ailleurs l’esprit du label ISR d’Etat qui exige que le gérant dispose de ressources propres pour effectuer ses analyses ISR. 

       Les pratiques varient d’une société de gestion à l’autre, à titre d’exemple :

  • Franklin Templeton utilisera sa recherche propre couplée à des bases de données comme MSCI (MSCI Business Involvement Screening Research (BISR), MSCI Impact Monitor MSCI Intangible Value Assessment (IVA) Ratings). En revanche, la philosophie et le style de gestion à travers toutes les équipes restent inchangés. Les benchmarks ou les ratings (morningstar) ne dictent pas les choix et les gérants in fine restent libres de leurs décisions. L’approche ISR est intégrée depuis plus de 5 ans et inclut aussi bien les critères Environnementaux, Sociaux que de Gouvernance. L’approche ISR se veut positive et non d’exclusion sauf pour quelques exceptions évidentes telles les mines anti-personnelles, ou les armes biologiques et chimiques.

  • RobecoSAM réalise sa propre recherche qui nest pas vendue et que la société obtient directement auprès des entreprises qu’elle interroge. Les équipes de recherche n’ont donc pas « à plaire » au plus grand nombre et assument parfois des biais importants. La matérialité ISR prime dans le choix des critères utilisés. Par exemple, pour les Utilities, si l’empreinte carbone est prise en compte, d’autres dimensions sont également intégrées comme leur façon d’appréhender l’intelligence artificielle ou le cyber risque. Enfin, l’objectif des questionnaires ISR est aussi d’accompagner les entreprises dans la mise en place de leurs meilleures pratiques plus que de les juger à un instant donné.

 

 

Les « filtres » ISR doivent-ils être les mêmes quelles que soient les classes d’actifs et les processus de gestion ?

 

  • Les objectifs d’investissement étant différents pour les actions et les obligations, l’analyse qui est faite doit l’être également.

  • Sur l’obligataire, la priorité est d’être remboursé. C’est donc une analyse ISR orientée « risques » qui prime. Les critères ISR vont alors pouvoir informer sur des risques additionnels, procurer des signaux avant-coureurs.

  • Sur les actions, les critères ISR devront davantage aider à détecter les opportunités d’investissement à long terme. Selon que le processus de gestion est plutôt qualitatif ou fondamental, les critères ISR interféreront davantage en amont du processus de sélection. A l’inverse, lorsque le processus de gestion sera plutôt quantitatif, l’optimisation qui sous-tendra à la construction du portefeuille visera à s’assurer de la cohérence du portefeuille obtenu avec l’objectif ESG.

  • Quant au comité du label ISR, s’il se garde de donner des directives, il réfléchit actuellement à faire évoluer le cahier des charges pour l’ouvrir à de nouvelles classes d’actifs comme l’immobilier ou le capital investissement.

L’ISR dans l’entreprise...

 

  • L’exemple de Veolia est révélateur. Le groupe a choisi de proposer différents FCPE ISR pour le fonds Monétaire et le fonds Actions zone €. Pour le monétaire, il s’agissait d’une volonté historique du Groupe depuis l’origine du PEG : le fonds monétaire Veolia a obtenu le label du CIES . Pour le FCPE en actions, ce fut le fruit d’un travail collaboratif conduit en 2012 avec les organisations syndicales sur la mise en place d’une gamme de FCPE dédiés et en architecture ouverte. Deux sous-jacents ISR ont été sélectionnés après l’analyse de vingt réponses. L’oral de sélection fut l’occasion de constater que chaque société de gestion auditionnée présentait sa propre « doctrine » ISR, nullement comparable avec celles des autres.

  • L’entreprise avec les représentants des membres du Conseil de Surveillance a décidé de retenir ceux des sociétés de gestion qui présentaient la meilleure offre financière, tout en préservant la nature ISR de l’investissement.

  • Enfin, il convient de ne pas oublier que si l’entreprise sélectionne des investissements ISR pour son épargne salariale et que pour ce faire elle s’en remet aux analyses des agences de notation extra-financière et des sociétés de gestion, ces dernières doivent s’assurer de bien comprendre le business model, les contraintes, et les progrès environnementaux, sociaux et organisationnel faits et à faire par les entreprises qu’elles analysent.

Quels résultats pour les salariés...

 

  • L’ISR peut constituer une opportunité en matière de performance. Ses contours évoluant parfois, il est parfois difficile d’en mesurer précisément ses effets. Ce qui est sûr, c’est que le fait qu’un fonds soit ISR n’est pas une excuse valable à une sous-performance durable. Un fonds ISR ne se résume pas à une démarche ISR : ses investissements résultent d’un processus de gestion, d’analyses, de positionnements thématiques ou stylistiques ; autant d’attributs qui contribuent à la performance.

  • Robeco s’est efforcé de quantifier la contribution de l’ISR dans les performances. Les principales conclusions seraient que dans un tiers des cas les ajustements jouent positivement et dans 10% des cas négativement. L’innovation et la gouvernance sont les critères les plus utilisés. La sélection de titres ISR permet surtout des sélectionner des titres offrant des croissances de marges et de chiffres d’affaires plus importantes. Contrairement à ce que l’on pourrait intuitivement imaginer, les filtres ISR ne réduisent pas forcément beaucoup les risques (ce qui ferait par extension baisser les taux d’actualisation utilisés). Les attributs ISR expliqueraient environ 7% des valorisations globales.

  • Pour l’entreprise et ses salariés, l’important n’est pas tant de considérer qu’un fonds ISR est meilleur dans l’absolu mais d’apprécier la capacité des sociétés de gestion à démontrer la cohérence de leurs convictions ISR, à rassurer sur le processus de « due diligence »e des émetteurs qu’elles retiennent, en bref à faire la démonstration de leur bonne maîtrise de cette démarche. 

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