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COMMENT SELECTIONNER LES INVESTISSEMENTS SOLIDAIRES  ?

 

Principes de fonctionnement 

  • Un fonds solidaire (aussi désigné ‘90/10’) n’est investi qu’entre 5 et 10% en titres solidaires, c’est à dire auprès de structures non cotées ayant un impact social fort et – dans les cas des fonds d’épargne salariale – ayant reçu l’agrément ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale) . Il en résulte que  90% à 95% des actifs restant sont investis sur les marchés financiers (souvent avec une dimension ISR). Ce sont ces 90 à 95% d’actifs qui apportent à l’épargnant la rémunération, la liquidité et le niveau de risque qu’il recherche selon les classes d’actifs sélectionnées. Les 5 à 10% d’investissements solidaires qui n’ont pas vocation à être rémunérateurs sont donc globalement « indolores » pour l’épargnant tout en permettant d’apporter des ressources conséquentes aux acteurs de l’économie sociale.

  • Les principales sociétés de gestion :

    • internalisent la compétence d’analyse des investissements solidaires pour investir en direct et non via des fonds externes

    • créent un fonds dédié (ou FPS : fonds professionnel spécialisé), qui centralise la majeure partie des investissements solidaires.

    • Ainsi les 5 à 10% strictement solidaires des fonds solidaires bénéficient d’une meilleure mutualisation du risque et de la liquidité.

 

 

Le triple défi d’investir « solidaire » 

 

  • Identifier des projets, « sourcer » les opportunités d’investissements solidaires.

    • L’identification se fait dans l’écosystème de l’économie sociale et solidaire (ESS) et via le réseau bancaire de proximité. Les fonds solidaires sont encore très peu connus et il est souvent difficile d’identifier les contacts chez les acteurs du solidaire.

    • Les projets doivent avoir un fort impact social et/ou environnemental, avec une priorité à l’insertion (emploi, création d’entreprise, logement) et à l’accompagnement de la dépendance (âge et handicap), prioritairement en France.

    • Chez BNP Paribas AM, la préférence est donnée aux structures existantes changeant d’échelle, confrontées à un besoin de financement lié à un projet de développement ; peu importe le statut de l’entité considérée. Un minimum de 3 à 5 ans d’activité est exigé ainsi qu’un business model mûr (pas de projets « start-up »).

  • Sélectionner les projets.

    • Si le risque de bulle lié au fléchage d’une partie de l’épargne sur le solidaire semble écarté, il faut veiller à faire grandir l’épargne solidaire avec le secteur solidaire et à ne pas « surinvestir » dans les projets par rapport aux besoins.

    • Même la taille du secteur social et solidaire est difficile à estimer. L’Etat n’est pas en mesure de quantifier le nombre de sociétés disposant de l’agrément ESUS.

    • Si la peur de ne pas savoir où investir semble disparaître car les projets sont nombreux, la petite taille des projets (souvent entre 50 et 100K€) constitue un véritable obstacle car, que le montant à financer soit petit ou grand, les ressources requises pour l’analyse des investissements sont à peu près les mêmes.

    • Les projets font l’objet d’une analyse complète :

      • Analyse de l’impact social

      • Analyse financière rigoureuse. Le fait d’opérer dans le solidaire ne signifie pas que l’exigence soit moindre même si certaines spécificités de ces investissements devront être prises en compte pour bien mesurer le risque

      • Analyse de la gouvernance : maintien de la mission sociale à long terme, efficacité du processus de décisions…

      • Analyse du besoin de financement : s’assurer que l’entreprise solidaire disposera d’un outil de financement adapté (taille, liquidité, méthode de valorisation, …) aux besoins de la structure solidaire. Depuis deux ans, on assiste d’ailleurs à une évolution des outils utilisés.

  • Mesurer l’impact social

    • La mesure d’impact est importante pour deux raisons :

      • avoir une méthodologie qui permette d’analyser l’impact social pour faire ce qu’on dit faire et investir dans des projets à fort impact social ;

      • être outillé pour analyser et sélectionner les investissements. C’est un garantie pour l’épargnant et un enjeu de transparence.

      • Le reporting dédié a vocation à faire prendre conscience et/ou rendre compte aux épargnants solidaires de l'utilité de leur placement.

  • La méthodologie développée au sein du Groupe BNP PARIBAS s’articule autour de deux axes :

    • Elle doit être adaptée aux secteurs considérés selon qu’il s’agit d’emploi, de logement, d’environnement En scindant les différents domaines d’action sociale, on crée des univers d’analyse homogènes.

    • Les critères d’investissement et les indicateurs de suivi doivent répondre à trois questions :

      • qui sont les bénéficiaires ? (ex. dans le domaine de l’emploi, des salariés qui ne seraient pas employables dans l’économie marchande)

      • quels services, quels produits sont proposés pour répondre à quel besoin social ? quel impact sur les bénéficiaires et la société ?

      • Le suivi du risque et le reporting aux épargnants doivent répondre à la question « pourquoi et comment » ?

      • Seule limite : les systèmes de mesure sont chers, longs à concevoir et mettre en place et certaines données nécessaires ne sont pas accessibles d’où aujourd’hui trop peu de données chiffrées. 

Des investissements solidaires qui riment avec le projet d’entreprise

 

  • Comment intégrer des projets solidaires dans les dispositifs d’épargne salariale ?

    • Ce qui est intéressant, à l’instar de ce que font différents grands Corporate, c’est de disposer d’un instrument d’investissement qui parle aux salariés porteurs de parts et aux membres des Conseils de Surveillance des FCPE.  Qu’il existe une forme de lien, de cohérence, entre l’objet social de l’entreprise, les projets qu’elle porte, et l’investissement de ses salariés.  Les moyens pour y parvenir sont divers. Quant aux 90% restants, ils sont gérés à l’identique des poches obligataires et actions des fonds purs dans un souci de lisibilité et de simplicité dans la communication aux porteurs.

    • Le but est d’assurer la cohérence entre le positionnement de l'entreprise (le travail des salariés) et les solutions d'utilisation de ces fonds. Ainsi en créant chez Veolia POP UP, le groupe s’est retrouvé de plus en plus à travailler avec des entreprises sociales et solidaires (ESS) du fait des enjeux d'économie circulaire. Il s’est avéré légitime et logique de s’efforcer à ce que le fond d'épargne solidaire puisse investir en cohérence avec ces enjeux. Le groupe a ainsi créé le Veolia Social Club qui a pour vocation d’identifier et de sélectionner des projets solidaires portés par les différentes entités du groupe. L’analyse financière et d’impact social de ces structures solidaires est ensuite confiée à Natixis, gérant de la poche solidaire, qui est seul décisionnaire de leur intégration dans le FPS solidaire.