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L'épargne salariale est-elle vraiment responsable? Pratiques ISR, gouvernance, éducation financière...

 

La présente synthèse a été inspirée par la table ronde de l’Observatoire EPS de l’Epargne d’Entreprise qui s’est tenue le 24 septembre 2019. Nous remercions tout particulièrement pour leurs contributions :

  • Jérôme Serrat , Chef de département - Systèmes d'Épargne Salariale et Actionnariat Salarié – TOTAL

  • Bertille Knuckey, Head of Sustainable & Responsible Investment – SYCOMORE AM

  • Gaelle Mallejac, Directrice des Investissements – GROUPAMA AM 

  • Jean-Christophe Benzo, Directeur Général – GROUPAMA Epargne Salariale

  • Marc-Olivier Buffle , Spécialiste Produit Senior – PICTET AM

 

  EN RESUME...

  • Au cours des dernières années, l’investissement « responsable », en particulier dans l’univers de l’épargne d’entreprise est devenu omniprésent. Les vocables « responsables », « durables » sont systématiquement évoqués pour le volet « investissements financiers » réalisé sous l’égide des sociétés de gestion, mais ces bonnes pratiques sont-elles également appliquées au niveau des épargnants salariés ? Une épargne se doit aussi d’être responsable vis-à-vis des épargnants, dans l’utilisation qu’ils en font et la compréhension qu’ils en ont. 

  • Pour être véritablement responsable vis-à-vis des porteurs de parts, l’épargne salariale doit d’abord être compréhensible et simple. Or, l’histoire montre que l’on ajoute des strates de règlementation sans remette à plat les dispositifs, d’où une complexité progressivement accrue. L’enjeu de la communication est primordial. Avec PACTE, chaque opérateur va rivaliser d’ingéniosité pour proposer sa solution ; le rôle de l’entreprise consistera, dans la plus grande clarté possible, à analyser et mettre en place les nouvelles solutions sans ruiner les efforts de pédagogie accomplis depuis des années.

  • L’épargne salariale est souvent perçue comme une épargne « subie » plutôt que volontaire. Le salarié reçoit des primes aléatoires, dispose de délais courts pour agir et les montants sont généralement insuffisants pour financer un conseil. L’épargne d’entreprise sera d’autant plus « responsable » qu’elle résultera d’actes d’épargne réfléchis, fondés sur une bonne information, un socle minimum de connaissances financières, des outils d’aide à la décision dans le cadre de dispositifs de qualité.

  • Le tout digital ne suffit pas. L’automatisation peut engendrer la déresponsabilisation. Une approche volontariste et multicanale (réunions présentielles, présentations en « live streaming, remise de brochures papier…) est souhaitable et pourrait être enrichie de modules d’éducation financière.

  • Les circonstances, les objectifs et contraintes et les dispositifs évoluant, il faudrait prévoir des étapes « service entretien » au cours de la vie de l’épargnant.

  • Si les salariés s’intéressent insuffisamment à leur épargne d’entreprise, on peut voir dans l’investissement durable un moyen de ré-enchanter l’épargne en lui donnant du sens et donc de l’intérêt. Une clarification de la notion d’investissement durable s’impose. On retiendra que les critères ESG constituent un outil d’analyse au même titre que les éléments comptables alors que l’ISR constitue la première étape de la déclinaison des principes de développement durable à l’investissement.

  • Il n’y a pas de bonne ou mauvaise approche ISR en tant que telle dès lors que la méthodologie utilisée et la prise de décision sont transparentes et lisibles. Pour vulgariser l’ISR auprès du grand public il faudrait toutefois des indicateurs « qui parlent » et mettent en évidence les impacts obtenus. Le manque d’homogénéité des données extra-financières rend cette tâche difficile.

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