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Epargne d'entreprise : quelles précautions prendre en cas de remontée des taux d'intérêt ?

 

La présente synthèse a été inspirée par la table ronde de L’Observatoire EPS de l’Epargne d’Entreprise qui s’est tenue le 23 mars 2017. Nous remercions tout particulièrement pour leurs contributions essentielles :

  • Bertrand Deronchaine, Directeur des Relations Actionnaires et Epargne Salariale - ORANGE 

  • Thierry Creno, Gérant et Responsable de l’équipe de gestion Multi Asset Solutions France – BNPP IP

  • Philippe Champigneulle, Gérant Obligataire – DNCA

  • Benoit Bellone, responsable de la recherche Actions et Diversifiés – HSBC GAM 

 

  EN RESUME...

 

 

  • Nous venons de traverser plus de 30 ans de baisse quasi ininterrompue des taux d’intérêt. Jamais les taux d’intérêt n’ont été aussi bas. Les causes sont connues : mouvement de désinflation dans les années 80 et 90, et politiques monétaires ultra-expansionnistes en réponse à la crise économique et financière de 2008

  • Jamais les marchés obligataires n’ont été aussi vulnérables à un mouvement de remontée des taux d’intérêt qui se manifestera tôt ou tard. La perception du risque obligataire par les salariés est encore très insuffisante et les très bonnes performances passées compliquent cette prise de conscience. Il faut donner des points de repère, en particulier communiquer le taux de rendement actuariel des fonds obligataires et leur sensibilité qui permettent d’estimer le rendement futur et le risque.

  • Les 30 dernières années, fournissent une indication de l’ampleur possible des hausses de taux (+1 à +3%) qui pourraient se traduire par une baisse des 5 à 15% de fonds obligataires. Attention néanmoins à ne pas sous-estimer le risque : jamais les taux n’ont été aussi bas et les politiques monétaires aussi inflationnistes. Identifier les bons gérants sera également un défi dans la mesure où même les « vétérans » n’auront connu qu’un marché obligataire très porteur.

  • Il convient de différencier les conséquences et les précautions à prendre selon les causes profondes de la remontée des taux. Si cette remontée est

    • liée à la reprise économique et permet une normalisation monétaire, les conséquences seront favorables pour le monétaire et les actions et temporairement défavorable aux obligations.

    • liée à des poussées inflationnistes qui échappent au contrôle des banques centrales (bien que peu probable en Europe), alors les obligations seraient très négativement impactées, les marchés actions souffriraient à court-moyen terme et se redresseraient à long terme. Certaines stratégies diversifiées ou flexibles pourraient également tirer leur épingle du jeu.

    • met en évidence une crise de solvabilité des Etats alors, le risque deviendrait systémique avec des impacts extrêmement négatifs sur l’ensemble des classes d’actifs (obligations, monétaire, et marché action).

    • Les stratégies devront par conséquent être adaptées au contexte et anticipations privilégiées. Il existe des stratégies permettant de se protéger contre un mouvement de hausse des taux, voire d’en tirer profit : fonds flexibles, stratégies de performance absolue, fonds obligataires indexés sur l’inflation, et même pour les plus téméraires et les plus patients, des fonds actions. Les entreprises pourront revoir leur gamme de fonds, les Conseils de Surveillance pourront encourager les gérants à réduire leurs « durations », leurs « sensibilité », leurs « rating minimum d’investissement» et/ou modifier les règlements des fonds obligataires en conséquence. Tous les fonds obligataires ne se ressemblent pas ; les fonds les moins sensibles (échéances les plus courtes) seront à privilégier. 

  • Cotés positifs :

    • La hausse/normalisation des taux d’intérêt redonnera à terme de la rémunération à l’épargne

    • Les fonds à garantie redeviendront techniquement viables

    • Le risque associé à une remontée des taux obligataires encouragera les salariés à reconsidérer l’allocation de leur épargne et les risques véritables associés à des investissements de long-terme. L’épargnant retraite a besoin d’actifs financiers et de rendements indexés peu ou prou sur l’inflation. Le monétaire et l’obligataire répondent mal à ce besoin. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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