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RISQUES ET LIMITES ? 

 

 

  La responsabilité de l’entreprise…

  • Naturellement, l’entreprise (l’employeur) ne prodigue aucun conseil. Le sujet peut être considéré sous l’angle de la responsabilité et du risque. Mais l’entreprise qui met à disposition de ses salariés des plans d’épargne sans fournir de véritable mode d’emploi n’est-elle pas, par définition, en risque ? Ne vaut-il pas mieux regarder le sujet sous l’angle de l’opportunité. C’est l’intérêt de l’entreprise d’avoir des salariés qui tirent un maximum de profit de leur épargne et qui agissent en investisseurs éclairés pour plusieurs raisons :

    • Un salarié qui effectue de bons choix, qui est convaincu qu’il a optimisé son abondement etc… Il est globalement heureux et satisfait.

    • Un salarié qui développe sa « culture financière », accroit son savoir grâce à son employeur. Il est reconnaissant en constatant son propre développement et peut de plus mettre à profit ses connaissances à l’échelle de l’ensemble de son patrimoine.

    • Si le salarié est convaincu qu’il a les bons outils, la bonne formation, il aura une image positive de son employeur.

  • Le rôle de la DRH est donc de sélectionner les bons partenaires et de vérifier la qualité de l’accompagnement.

  • Le fait que l’entreprise fournisse au salarié des moyens pour qu’il devienne davantage acteur de son épargne, qu’il comprenne toutes les modalités de ses dispositifs et leur fonctionnement, est une opportunité et dans une certaine mesure un moyen de prévenir les risques.

  Le rôle des agrégateurs…

  • Les agrégateurs permettent de récupérer les données (soldes, transactions réalisées) de plusieurs comptes bancaires d’un même titulaire, une fois ceux-ci paramétrés. En d’autres termes, avec les agrégateurs l’épargnant peut théoriquement disposer d’une vision globale de son patrimoine. En ce sens, les agrégateurs ne sont qu’une pièce d’un même puzzle au coté des robo-advisors. Pour proposer un conseil pertinent, le robo-advisor se doit de disposer de vision la plus complète possible de la situation financière de son client.

  • A contrario, si cette phase d’agrégation n’est pas bien menée le conseil pourrait s’en trouver erroné. Quid de l’épargnant, dont 80% du patrimoine financier serait investi en actionnariat salarié, sans que celui-ci ne soit pris en compte dans l’agrégateur. De la qualité de l’agrégation dépend donc la qualité du conseil financier. Notons toutefois, que le profilage de l’épargnant à l’aide d’un questionnaire automatisé bien conçu, sans offrir la précision d’un agrégateur, peut cependant fournir indirectement une appréciation convenable de la situation patrimoniale.

  • Dans le cadre de la directive DSP2 les banques devront fournir d’ici septembre 2019 l'accès aux données de leurs clients à des acteurs tiers que sont les initiateurs de services de paiement ou les prestataires de services d'informations sur les comptes (ie les fintech agrégateurs). Elles devront en outre assurer une communication sécurisée et standardisée en créant une API. Ultimement, les API bancaires ont vocation à : 

    • Utiliser des mécanismes de sécurité renforcés pour les échanges de données, 

    • Mettre à disposition les données sur les comptes courants (soldes et opérations), 

    • Permettre d'initier des virements 

  Attention à ne pas bruler les étapes...

  • La technologie ne peut pas tout. La pédagogie demeure indispensable et chronophage surtout en phase « d’évangélisation ». La digitalisation simplifie la mise en œuvre (gain de temps pour le conseil et le chef d’entreprise) et en libère pour s’occuper du salarié. Mais le contact humain demeure indispensable. .

  • Si le conseiller en investissement dispose d’outils puissants pour l’assister, ce dernier conserve un rôle crucial dans la relation avec son client. Il devra pouvoir lui apporter les explications nécessaires, l’aider à surmonter ses émotions et à éviter les réactions épidermiques afin de tenir sa stratégie dans la durée. 

  • Si le digital permet des gains de temps considérables, il ne permet pas de bruler toutes les étapes. La pédagogie, la compréhension des bases de l’investissement par le salarié, la prise de recul, le partage d’expérience ne sauraient être remplacées par la seule machine. On peut s’interroger en cas de consolidation de marché, voire de crise, sur l’attitude du salarié face à des préconisations générées par un robo-advisor et qui pourraient sembler déconnectées de la réalité des marchés. On ne dira jamais assez l’importance de tenir un cap, une stratégie sur la durée. Cette capacité à tenir un cap ne peut seulement reposer sur les recommandations d’un robot, mais sur un socle de connaissances financières minimales dont nul ne doit faire l’économie.

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